mardi 5 août 2008

La dernière séance

La bagarre fut monumentale (la plus belle de toutes). On voit bien ici Noël caché sous la table.

Souvent j'ai été déçu par les dernières séances : chacun rivalise de petites plaisanteries et le rythme s'en ressent, on se relâche et l'on ne retrouve pas la pièce dans son intégrité. Toutefois, ce dernier soir, étonnamment, malgré le nombre conséquent de bêtises inventées, l'énergie ne s'est jamais dissipée en vain. Le courant qui traverse la pièce ne s'est pas interrompu, perdu dans les sables de l'approximation. Belle dernière donc, où l'on vit Lady Kate et le shérif en cheval-jupon biplace, des jetés de pantoufles depuis la tour de régie pendant la bagarre, un Rabbit finir dans le lavoir mousseux de lessive à la toute fin du spectacle (et ce ne sont que quelques exemples)...

Le shérif (Francis Dusserre), qui travailla encore ce soir-là (Amélie/Betty s'étant fait une entorse dans la journée). Lady Kate (Magaly Langlois), à l'arrière-plan.

Voilà. Bonheur donc d'avoir joué douze soirs consécutifs, sans interruption, malgré quelques alertes (hier encore, la pluie s'était abattue toute l'après-midi). Nous terminâmes à l'enseigne de la Grande Ourse, puis, à l'auberge, Jean-Jacques, représentant la municipalité cluisienne, nous fit un de ces discours improvisés qui sortent du coeur, puis Magali et moi-même remerciâmes chacun pour sa participation à cette grande aventure. Enfin l'événement fut fêté comme d'habitude avec les platines de Jéjé, alias DJ Jérôme, le plus sympa des DJ du Boischaut-Sud et alentours. Et Christian de Puydauzon a pu danser tout son soûl, comme il en rêve dès qu'il met les pieds au château début juillet.

Une courte sieste de fin de nuit puis la grande opération du démontage pouvait commencer...


lundi 4 août 2008

Festival de trognes

Dans quelques heures, ce sera la dernière. Puis la fête finale et le démontage dans la foulée. Ce ne sera pas la fin du blog, j'ai encore quelques petites choses à relater (et j'aurai plus de temps disponible pour le faire), et pas mal de photos encore à vous faire découvrir. Je n'en dirai donc pas plus aujourd'hui.
Mais comme c'est traditionnellement la soirée des petites facéties entre comédiens, voici en attendant celles que s'est permises notre photographe attitré, Yvanovitch Yvanov : un beau festival de trognes prises au grand angle.









Découvrez Richard Galliano!

dimanche 3 août 2008

Venez-y, les claquedents, les poules mouillées !


Au revoir à Teddy et Tiffany, qui partent en vacances avec leurs parents et se sont donc produits pour la dernière fois hier soir.
Je n'oublierai pas de sitôt le petit bonhomme qui tirait le chien noir à roulettes...


Bienvenue à Quentin, Tom et Charlotte qui nous rejoignent pour les dernières soirées !

Découvrez The Beatles!

samedi 2 août 2008

La chaleur s'en va, et Gaby aussi


Exit la chaleur.Le chassé-croisé nuageux a repris dans le ciel cluisien. Et aujourd'hui la grisaille est tenace, la pluie, cabotine, joue l' intermittente du spectacle, réclame ses heures. On lui concède l'après-midi, un bref intermède en début de soirée mais, aux alentours de vingt-deux heures, on préfère la savoir dans les coulisses du firmament, paradant au large, vers La Châtre ou Argenton.



L'abri costumes

Comme je n'ai pas posté d'article hier, faute de temps et d'ordinateur, tout me semble un peu en vrac dans la caboche. Les représentations s'enchaînent (déjà neuf à ce jour), presque à chaque fois devant des tribunes archi-pleines, et ça c'est déjà un grand bonheur, d'avoir une nouvelle fois trouvé un public. La fatigue s'était faite sentir jeudi chez quelques-uns, mais dès le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, un peu moins de fête après la pièce, l'énergie était retrouvée. Chacun est capable maintenant de jouer avec les inévitables incidents qui émaillent une séance : que les tréteaux d'une table vacillent pendant la scène, et voilà Rabbit qui se cramponne à elle, évite l'effondrement et rajoute encore un peu au burlesque du personnage; que les marionnettistes perdent un des bras de Gisbourne et voilà le père saltimbanque qui fait durer le préambule en haranguant le public.


Il est malheureusement des incidents plus graves, auxquels on ne peut remédier si simplement : ainsi ce même père saltimbanque, alias Stéphane, s'est blessé dans la bagarre d'auberge, retombant durement à cause d'un banc renversé. Il a courageusement tenu sa place dans la seconde partie, mais il semble à peu près certain qu'il ne pourra aujourd'hui refaire les cabrioles d'hier : il va falloir adapter, transformer, amender sa performance physique.C'est le risque de chaque jour, mais je trouve déjà miraculeux que plus de cinquante personnes se rejoignent chaque soir pour cet événement, malgré les maladies qui traînent, les objets en embuscade, les intempéries et les avanies du sort.

Au revoir, pour finir, à Gaby, qui nous quitte. Pour elle, c'est la fin des vacances et le retour à Villiers-sur-Marne. On gardera tous un bon souvenir de cette petite fille brune (une sacrée bavarde), à la réjouissante fraîcheur.



jeudi 31 juillet 2008

Puydauzon for ever

J'ai déjà évoqué ici les résidents de Puydauzon. Je veux simplement souligner aujourd'hui combien leur implication dans le spectacle a une nouvelle fois été totale. Rien à reprocher à ces comédiens toujours enthousiastes, rieurs, scrupuleux. Sans eux d'ailleurs, aurais-je pu réaliser les scènes de foule ? Il est au moins permis d'en douter.
Quelques images maintenant de ces figures devenues presque légendaires ici :

Patrick et Vincent, gardes, encadrant Jean-Luc derrière Gisbourne.

La bagarre de l'auberge (le gars au milieu qui dort sur la table, c'est Patrick)

Patrick

Christian, un des piliers de l'équipe (et grand danseur devant l'éternel)


Découvrez David Bowie!

mercredi 30 juillet 2008

Les enfants

"Assez palabré ! Tous avec moi pour leur foutre une bonne peignée !"

Il y a toujours des enfants dans les spectacles cluisiens, des sales moutards, des chiards comme dit Jenny la lavandière. Ceux de cette année sont passés pour la plupart par l'atelier théâtre de Cluis mené par Bertrand Duris et Francis Rivière (alias Rabbit et Petit-Jean sur le plateau), ou ont déjà participé voici deux ans sur Eté 1915, aussi ont-ils déjà une petite expérience de la scène. Leur conviction était telle que j'ai écrit spécialement pour eux une scène, dite 22 bis, non prévue à l'origine, qui relate la querelle entre les orphelins du frère Tuck et les enfants des villageois, une sorte de remake médiéval de la Guerre des Boutons, introduisant du même coup la scène 23, où les routiers saccagent le pays.
Quelques vues des morveux (tous ne sont pas représentés ici) :

Yannis, le plus jeune de la bande.

Joris (photo de répétition)

Louis (enfant saltimbanque)

Gaël et Joris (aux saluts)


Avec le frère Tuck

Corentin, Teddy, Alexis, Louis, Joris et Yannis
(photo de répétition)




Découvrez Ben Harper!

mardi 29 juillet 2008

Orage

Il est monté vers 21 h 30, prenant d'assaut la forteresse, la cernant d'éclairs et la criblant de lourdes gouttes de pluie éclatant sur la toile des ramées. Tassés à l'auberge, les spectateurs ont attendu patiemment que le grain ait moulu sa substance, et qu'un coin de ciel pur se soit levé à l'occident. Alors on a distribué les rouleaux de sopalin et chacun a essuyé son siège. Seuls quelques-uns ont fui, et à 22 h 30 nous avons pu commencer. L'installation électrique, bien protégée, a tenu bon. Quand une représentation a failli être annulée, c'est encore meilleur de la mener au bout, de disputer aux intempéries la suprématie du ciel. Enfin, on ne fait pas les malins, on se méfie, on raccourcit l'entracte, on abrège la taverne.


Hommage donc à ceux qui ont dû aller au sol, parce que leur rôle le demandait, et qui se sont donc largement trempés. Ceux qu'on assomme, qu'on rudoie, qu'on jette à terre. Parmi eux, mes hommes à tout faire, Stéphane et Jean-Luc. Ils n'ont pas de grand rôle à défendre, mais ils interprètent plusieurs personnages secondaires de l'histoire. Secondaires, mais essentiels. Stéphane, de père saltimbanque, devient garde de Gisbourne deux scènes plus tard, puis redevient saltimbanque et cracheur de feu avant de finir routier dans la deuxième partie.
Jean-Luc, lui, est un garde, qui se fait copieusement rosser dans la bagarre d'auberge, puis se fait héraut du roi Jean à la fin de la première partie, avant de finir lui aussi routier dans la seconde (où il se fait assommer pas moins de trois fois).


Hommage aussi à un autre comédien multicartes : Claude, dont c'était la première fois qu'il jouait à nos côtés, et qui a gentiment accepté d'endosser tous les rôles que je lui ai destinés. Apparitions brèves le plus souvent : aubergiste dans la bagarre, badaud embarqué lors d'une rafle alors qu'il n'a rien à y voir, et surtout Jean sans Terre et Richard Coeur de Lion. Oui, deux rois à lui tout seul. Comme pour dire que de l'un à l'autre, il n'y avait au fond guère de différence pour le menu peuple des forêts.


Découvrez Bob Dylan!